Yamanashi Makiko, Universität Trier

‘Comparaison entre «Quand Refleuriront Les Lilas Blancs» et «Quand Refleuriront les Violettes»
Un discours interculturel sur la traduction de  la chanson française au Japon’

Des chansons françaises ont été adaptées à la culture japonaise depuis le début du XXe siècle. Surtout dans le milieu du théâtre de revue, des chansons populaires françaises ont été traduites en japonais et chantées par le public. Les paroles françaises originales ont été interprétées en fonction des sentiments culturels japonais, et pour susciter une image exotique et romantique de la France, en particulier de Paris.

Ce fut pendant la période de l’entre deux guerres, entre les années 1920 et les années 1930, à travers les nouveaux médias du théâtre « de revue » (combinant le chant, la danse et l’expression corporelle), que la traduction des textes lyriques a rendu les chansons françaises accessibles aux japonais. La Revue Takarazuka, composée exclusivement de femmes, a été un pionnier dans l’introduction de chansons parisiennes au Japon. Leurs productions à succès tels que «Mon Paris» (1928) et «Parizette» (1930) ont introduit les œuvres de Mistinguett et de nombreuses autres chansons françaises.

L’accent sera mis sur la chanson «Quand Refleuriront Les Lilas Blancs». D’origine autrichienne , elle  a d’abord été traduite en français. Puis, la version française a été adaptée au Japon sous le titre «Sumire no hana  sakukoro «Quand Refleuriront les Violettes»)», ou elle est devenue la chanson symbolique de Takarazuka. Cette chanson fournit un parfait exemple pour évaluer le risque de «vulgariser» un texte original et d’en ignorer l’auteur. Cependant, en même temps, il démontre de façon convaincante le potentiel de vitaliser la culture à travers l’interprétation créative avec de nouveaux messages, appelant ainsi à la sensibilité intérieure des masses.

Au cours de l’exposé/ la discussion, je vais montrer quelques clips d’un film artistique documentaire sur la chanteuse, Chiaki Mitsuru, qui a fait son début sur scène dans Revue Takarazuka en 1946. Ses chansons, ‘Umino-Marii’, une adaptation de «Marie la Mer» de Salvatore Adamo, et «Ikiru», basée sur «Ma Dernière Volonté» de Serge Reggiani, seront examinées et comparées avec les originaux.

En comparant les versions françaises et japonaises, il sera montré comment les textes peuvent être transmis de façon dynamique et créative dans un autre domaine/pays aux codes socio-culturels inattendus. L’adaptation japonaise de la chanson française n’est pas une simple imitation ou idéalisation d’une culture inconnue, mais un geste novateur et une manière d’exprimer les sentiments communs de l’humanité dans une langue et une culture différente, reflétant un contexte socio-historique particulier.

Ma présentation vise à montrer la puissance de la traduction en tant que milieu transculturel qui pourrait réduire le fossé entre les différences, par exemple dans les catégories artistiques, les nationalités ou les sexes. Cette présentation est une manière de montrer que la culture occidentale a été appropriée par la culture orientale et que cette adaptation reflète simultanément un échange entre les deux cultures.

Yamanashi Makiko

Makiko Yamanashi a enseigné à l’Université Waseda et l’Université Tokiwa. Elle travaille à l’Université de Trèves depuis 2014, où elle se consacre principalement à des études urbaines reflétant le théâtre comme un phénomène interculturel. Elle est l’auteur d’une monographie:  A History of the Takarazuka Revue since 1914: Modernity, Girls’ Culture, Japan Pop (Global Oriental / Brill, 2012).

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