Pugazendhi Kumarasamy, Jawaharlal Nehru University

‘La poéticité : le phénix de la traduction : Perspectives et points de vue dans les traductions du Tiroukoural’

Fascinés par l’Inde orientale, les hommes de lettres français du XIX siècle la dépeignait souvent, plusieurs d’entre eux sans y avoir mis les pieds, comme une contrée exotique, prometteuse d’aventures et d’or. Si les vraies pensées indiennes y trouvaient un peu de place, elles étaient souvent dissimulées par des stéréotypes qui recevaient plus d’importance chez les lecteurs français de l’époque. En conséquence, le sous-continent et ses pensées restaient longtemps comme des objets de curiosité, imaginés et inexplorés par les français. La curiosité a cédé la place à la vraie découverte lorsque la compagnie française des Indes orientales a affecté des officiers français au service de l’Inde, qui se sont intéressés aux littératures de ce pays très diversifié. Certains d’eux ont même appris des langues indiennes avant d’entreprendre la traduction des littératures indigènes en français dans le but de les faire découvrir aux français.

Ainsi, on constate que trois hommes parmi les Français qui sont arrivés à Pondichéry, se sont intéressés sérieusement à la communication des pensées tamoules à l’Hexagone en traduisant des œuvres tamoules en français. Parmi ces trois traducteurs, c’est Ariel Edouard Simon qui fait la première traduction de Tiroukoural, un recueil des pensées philosophiques exprimées dans un style poétique, en français. Dans sa traduction Ariel mentionne cette œuvre comme « Ce livre sans nom, par un auteur sans nom », pourtant il voulait la traduire pour la faire connaitre aux français. Suite à la traduction d’Ariel, on trouve encore deux traductions successives de la même œuvre par deux autres français, à savoir, Pierre-Eugène Lamairesse et de Barrigue de Fontainieu. Trois fois traduite au XIX siècle, Tiroukoural ne cesse de connaitre encore des traductions vers le français au XX siècle. Cette tentative perpétuelle de traduire Tiroukoural fait surgir plusieurs questions.

Toutes ces traductions, peuvent-elles faire dire que Tiroukoural est traduit ? Qu’y a-t-il d’intransmissible dans cette œuvre qu’elle est traduite et retraduite à maintes reprises jusqu’à nos jours ? Est-ce parce qu’une telle œuvre garde toute sa saveur uniquement dans la langue d’origine ? Est-ce l’étroit lien entre le fond et la forme de ce texte poétique qui rend la traduction inattingible ? Pour trouver une réponse à ces questions, il faut pencher autant sur ces traductions que sur les notes que ces traducteurs y ont laissées. Cette communication envisage d’étudier deux traductions en français de Tiroukoural en faisant une analyse comparative sous trois approches différentes : linguistique, culturelle et interprétative.

Pugazendhi Kumarasamy

Kumarasamy Pugazendhi est maitre de conférences au Centre d’études françaises et francophones, l’Université Jawaharlal Nehru, New Delhi.

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